Vue rapprochée d'une canopée de légumes variés dont quelques feuilles présentent des taches précoces.
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Bibliothèque des ravageurs et maladies

Carence en calcium chez les plantes

Autres noms : Abiotique · carence en calcium · aussi appelée nécrose marginale (tip burn), bitter pit, cœur noir

La carence en calcium frappe les pousses les plus jeunes : extrémités et bords des feuilles brûlés et brunis, jeunes feuilles déformées, et troubles comme la nécrose apicale ou la nécrose marginale chez la laitue et les brassicacées. Comme le calcium se déplace à peine dans la plante, les carences apparaissent dans les nouveaux tissus même lorsque le calcium du sol semble suffisant. Voici comment la reconnaître et la corriger.

Dernière mise à jour :

La carence en calcium chez les plantes est un manque de calcium dans les tissus les plus jeunes, qui se traduit par des extrémités et des bords de feuilles bruns et brûlés (nécrose marginale), des jeunes feuilles déformées, la nécrose apicale et le bitter pit. Le calcium ne se déplace qu'avec l'eau dans le xylème et n'est pas redistribué à partir des feuilles âgées : un arrosage irrégulier, une forte humidité et un stress racinaire en sont donc plus souvent la cause qu'une faible teneur en calcium du sol. Stabilisez d'abord l'irrigation.

Cultures concernées

Léger brunissement et dessèchement des bords des feuilles intérieures d'une pomme de laitue.
Illustration : léger brunissement et dessèchement des bords des feuilles intérieures d'une pomme de laitue.
Planche d'identification de la carence en calcium (nécrose marginale) : carence, taille représentée à l'échelle, non contagieuse, problème de transport du calcium lié à l'arrosage et à l'humidité.
Planche d'identification (illustration), cause et correction, et remarque. Afficher en grand format

Comment identifier une carence en calcium (nécrose marginale)

  • Feuilles intérieures en cuillère et déformées (laitue, chou).
  • Points de croissance morts dans les cas graves.

De quoi s'agit-il ?

Le calcium est un élément nutritif immobile qui gagne les nouvelles pousses avec le flux d'eau et dépend d'une transpiration régulière et d'une humidité constante. La plante ne peut pas le redistribuer à partir des tissus âgés, si bien que la carence apparaît dans les feuilles les plus jeunes, les extrémités des pousses et les fruits. Un arrosage irrégulier, une forte humidité, une croissance rapide et un stress racinaire perturbent tous l'apport de calcium, souvent davantage qu'une faible teneur en calcium du sol.

Quels sont les signes d'une carence en calcium ?

  • Extrémités et bords des nouvelles feuilles bruns et brûlés (nécrose marginale)
  • Jeunes feuilles et points de croissance déformés, recourbés ou rabougris
  • Troubles des fruits, comme la nécrose apicale
  • Symptômes sur les pousses les plus jeunes alors que les feuilles plus âgées semblent saines

Quelles sont les causes de la carence en calcium chez les plantes ?

Une véritable carence du sol en calcium est rare dans la plupart des situations agricoles : le problème bien plus fréquent est un calcium présent mais qui n'atteint pas les tissus qui en ont besoin. Le calcium ne se déplace que dans le **xylème**, transporté passivement par le flux de transpiration, et il n'est **pas retransloqué** dans le phloème une fois déposé. Il va donc là où va l'eau, et il ne peut pas passer d'une feuille âgée à une nouvelle feuille.

Cette seule propriété explique presque tous les troubles liés au calcium. Les tissus en expansion rapide qui transpirent peu (l'intérieur d'une pomme de laitue, l'extrémité pistillaire d'un fruit, le point de croissance, le cœur d'un chou) reçoivent très peu de calcium, quelle que soit la quantité présente dans le sol. Tout ce qui réduit ou déstabilise la transpiration provoque donc une carence localisée : variations de l'irrigation, humidité très élevée, pics de chaleur, racines endommagées ou à l'étroit, et engorgement.

L'antagonisme est l'autre facteur. Des teneurs élevées en potassium, magnésium, sodium et ammonium entrent toutes en concurrence avec le calcium lors de l'absorption, si bien qu'une analyse de sol montrant un calcium suffisant accompagné d'un potassium très élevé peut tout de même expliquer un symptôme de carence. Un pH bas réduit la disponibilité.

Quels dégâts provoque la carence en calcium ?

Le manque de calcium déforme et fait mourir les nouvelles pousses, déclasse les fruits (nécrose apicale, brunissement interne) et fragilise les parois cellulaires, ce qui rend les tissus plus sensibles à l'éclatement et à la pourriture. Comme l'apport dépend d'une alimentation en eau et d'une transpiration régulières, la correction associe un arrosage régulier à un calcium facilement disponible plutôt qu'un simple apport supplémentaire au sol.

Comment surveiller la carence en calcium ?

Prélevez les plus jeunes feuilles entièrement développées et, lorsque le trouble touche un fruit ou une pomme, le tissu atteint lui-même : une analyse de la plante entière ou des feuilles âgées semblera souvent satisfaisante alors que le point de croissance est carencé.

Surveillez la régularité de l'irrigation comme indicateur principal plutôt que les teneurs en calcium du sol. Un relevé des variations d'humidité du sol prédit mieux les troubles liés au calcium qu'une analyse de sol.

Vérifiez les rapports entre antagonistes dans les analyses de sol et de tissus (potassium, magnésium et sodium par rapport au calcium) plutôt que de lire la teneur en calcium isolément. Inspectez aussi les racines, car des racines à l'étroit ou endommagées sont une cause sous-jacente fréquente.

Comment corriger une carence en calcium ?

  1. Stabilisez l'arrosage et évitez les variations d'humidité du sol et l'excès d'humidité de l'air qui limitent la transpiration.
  2. Apportez du calcium facilement disponible, y compris par voie foliaire le cas échéant, pour atteindre les nouvelles pousses.
  3. Veillez à l'apport de bore, qui favorise le déplacement et l'absorption du calcium.
  4. Évitez les excès d'azote et de potassium, qui entrent en concurrence avec l'absorption du calcium.

Comment corriger les troubles liés au calcium

  • Stabilisez d'abord l'irrigation. Une humidité du sol constante est la mesure la plus efficace contre les troubles localisés (nécrose marginale, nécrose apicale, bitter pit), car le calcium suit l'eau. L'alternance entre humidité et sécheresse en est la cause habituelle.
  • Vérifiez et corrigez le pH lorsqu'il est bas, car la disponibilité diminue dans les sols acides. Le chaulage agit à la fois sur le pH et sur l'apport de calcium.
  • Examinez les antagonistes. Un excès de potassium, de magnésium, de sodium ou d'azote ammoniacal entre en concurrence avec le calcium au niveau des racines. Réduire un programme de potassium ou d'ammonium trop généreux résout souvent une « carence en calcium » sans apporter le moindre calcium.
  • Protégez et soutenez le système racinaire. Le tassement, l'engorgement, les maladies racinaires et le confinement en conteneur limitent tous l'apport de calcium, et aucune application foliaire ou au sol ne compense des racines incapables d'absorber l'eau.
  • Gérez l'humidité et la chaleur sous abri. Une humidité très élevée inhibe la transpiration et donc le déplacement du calcium ; les pics de chaleur font augmenter la demande plus vite que l'apport.
  • Utilisez le calcium foliaire avec des attentes réalistes. Il peut aider lorsqu'il atteint directement le tissu concerné pendant sa période de développement (les programmes contre le bitter pit du pommier en sont l'exemple le mieux établi), mais comme le calcium n'est pas retransloqué, ce qui se dépose sur une feuille ne migre pas vers le fruit.
  • Choisissez des variétés moins sensibles lorsque le trouble est chronique, car la sensibilité varie considérablement.
  • Apportez du calcium au sol lorsque l'analyse révèle un réel déficit, sous forme de chaux, de gypse ou d'un engrais contenant du calcium, choisi selon que le pH doit également être modifié ou non.

Le réflexe face à un symptôme de carence en calcium est d'apporter du calcium, et dans la plupart des cas, le problème n'est pas là. La première question à trancher est de savoir si le sol manque réellement de calcium ou si le calcium n'arrive pas jusqu'au tissu touché, car les corrections sont totalement différentes.

L'erreur coûteuse la plus fréquente consiste à appliquer du calcium à répétition sur une culture dont le véritable problème est une irrigation irrégulière ou des racines à l'étroit. Établissez le bon diagnostic avant d'engager des dépenses.

Où la carence en calcium se manifeste-t-elle, culture par culture ?

  • Nécrose marginale · bords des feuilles bruns et desséchés sur les plus jeunes feuilles et à l'intérieur des pommes de laitue, de chou et d'autres brassicacées ; l'intérieur d'une pomme transpire très peu, il est donc chroniquement pauvre en calcium
  • Nécrose apicale · tomate, poivron, aubergine, melon et courge ; tache noire, déprimée et coriace à l'extrémité pistillaire. Traitée en détail dans Nécrose apicale
  • Bitter pit · pomme ; petites taches sombres et déprimées qui se forment autant en conservation que sur l'arbre, souvent plus marquées sur les gros fruits d'arbres vigoureux peu chargés
  • Cœur noir du céleri · mort du point de croissance au centre de la pomme, un trouble calcique classique lié à une faible transpiration
  • Taches liégeuses · poire ; zones liégeuses déprimées dans la chair, trouble proche du bitter pit de la pomme
  • Gousses vides et nécrose de l'extrémité des gousses · légumineuses et arachide, chez lesquelles la gousse en formation est un puits à faible transpiration
  • Dégradation de l'extrémité pistillaire et stylaire chez les agrumes et les cucurbitacées

Remarquez la constante : chacun de ces troubles touche un tissu qui transpire peu (un intérieur, un point de croissance, une extrémité de fruit ou une structure fermée). C'est la signature diagnostique d'un problème de transport du calcium plutôt que d'un déficit du sol.

Pourquoi les gros fruits et les arbres vigoureux sont-ils sujets au bitter pit ?

Le bitter pit de la pomme mérite une explication à part, car il se comporte d'une manière qui semble paradoxale : il est souvent le plus grave sur les plus beaux fruits des arbres qui paraissent les plus sains.

Trois facteurs se conjuguent. Les gros fruits ont un rapport surface/volume plus faible et une distance plus grande entre l'alimentation vasculaire et les tissus internes, si bien que l'intérieur reçoit proportionnellement moins de calcium. Une faible charge en fruits donne des fruits plus gros et, surtout, réduit la concurrence : avec moins de puits, chaque fruit grossit plus vite, et cette croissance rapide dilue le calcium qui arrive. Une croissance végétative vigoureuse concurrence directement les fruits pour le calcium, et les extrémités des pousses sont des puits à forte transpiration qui l'emportent dans cette concurrence.

Ainsi, un jeune arbre vigoureux, peu chargé et portant de gros fruits constitue la combinaison classique à haut risque, tandis qu'un arbre adulte très chargé et de vigueur modérée présente un faible risque. Des apports élevés d'azote et de potassium aggravent tous deux le problème : l'azote en stimulant la vigueur, le potassium en contrariant l'absorption du calcium.

Le programme pratique en tient compte : maîtriser la vigueur et la charge en fruits, modérer l'azote et le potassium, maintenir une irrigation régulière et, si nécessaire, suivre un programme de pulvérisations de calcium sur toute la saison, réparties pendant le développement des fruits plutôt qu'une seule application tardive. Comme le bitter pit apparaît souvent en conservation plutôt qu'à la récolte, les décisions se prennent des mois avant que le symptôme soit visible ; c'est pourquoi on le gère à partir des facteurs de risque plutôt que de l'observation.

Voir Tache brune et taches liégeuses, un trouble étroitement lié qui survient souvent en même temps que le bitter pit.

Solution Vegalab recommandée : Calcium Boost

Vegalab Calcium Boost est un complément calcique soluble avancé qui apporte du calcium facilement disponible pour corriger la carence et les troubles qu'elle provoque, et Cellular Boost renforce l'intégrité cellulaire des fruits. Associez-le à un arrosage régulier pour que le calcium puisse atteindre les nouvelles pousses qui en ont besoin.

RôleProduitUtilisation
Correction principaleCalcium BoostCorrection du calcium sous forme soluble
Soutien de la planteCellular BoostIntégrité cellulaire / anti-éclatement

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Comment prévenir la carence en calcium la saison prochaine ?

Arrosez régulièrement, gérez l'humidité pour une transpiration saine, équilibrez l'azote et le potassium, et maintenez un calcium disponible pendant les périodes de forte demande avec Calcium Boost.

À retenir

  • Les symptômes apparaissent sur les feuilles les plus jeunes, les extrémités des pousses et les fruits, alors que les feuilles plus âgées semblent saines.
  • Le calcium ne se déplace que dans le xylème avec le flux de transpiration et n'est pas retransloqué une fois déposé.
  • Une humidité du sol constante est la mesure la plus efficace contre la nécrose marginale, la nécrose apicale et le bitter pit.
  • Des teneurs élevées en potassium, magnésium, sodium et ammonium concurrencent le calcium lors de l'absorption, et un pH bas réduit sa disponibilité.
  • Le calcium foliaire n'aide que les tissus sur lesquels il se dépose, car il ne migre pas d'une feuille vers le fruit.
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Les allégations et la disponibilité des produits varient selon les juridictions. Lisez et respectez toujours l'étiquette du produit.

Questions fréquentes

Pourquoi la carence en calcium touche-t-elle les jeunes pousses ?

Le calcium est immobile et ne migre vers les nouveaux tissus qu'avec le flux d'eau ; la plante ne peut donc pas le redistribuer, et la carence apparaît sur les plus jeunes feuilles, les extrémités et les fruits.

La pourriture apicale est-elle une carence en calcium ?

Oui · c'est un trouble de disponibilité du calcium dans le fruit. Consultez notre guide sur la pourriture apicale pour la solution complète.

Peut-on avoir suffisamment de calcium dans le sol et observer malgré tout une carence ?

Oui · un arrosage irrégulier, l'humidité et une croissance rapide limitent souvent l'apport de calcium, même lorsque le sol en contient suffisamment.

À quoi ressemble une carence en calcium chez les plantes ?

Recherchez des extrémités et des bords brunis et brûlés sur les nouvelles feuilles, des jeunes feuilles et des points de croissance déformés, recourbés en crochet ou rabougris, ainsi que des troubles des fruits comme la pourriture apicale. Les feuilles plus âgées paraissent généralement normales. Dans les cas graves, les points de croissance meurent.

Comment corriger une carence en calcium chez les plantes ?

Stabilisez d'abord l'irrigation, car le calcium suit l'eau et l'alternance d'humidité et de sécheresse en est la cause habituelle. Corrigez un pH trop bas, réduisez les excès de potassium, de magnésium, de sodium ou d'ammonium, et protégez le système racinaire. N'apportez du calcium au sol, sous forme de chaux, de gypse ou d'un engrais contenant du calcium, que si l'analyse révèle un réel déficit.

La pulvérisation foliaire de calcium est-elle efficace ?

Elle peut aider lorsqu'elle atteint directement le tissu concerné pendant sa période de développement, les programmes contre le bitter pit du pommier en étant l'exemple le mieux établi. Comme le calcium n'est pas retransloqué, le calcium pulvérisé sur une feuille ne migre pas vers le fruit.

Quelles cultures sont touchées par les troubles liés au calcium ?

La nécrose marginale (tip burn) touche la laitue, le chou et d'autres brassicacées, et la nécrose apicale touche la tomate, le poivron, l'aubergine, le melon et la courge. Le pommier est sujet au bitter pit, le poirier aux taches liégeuses, le céleri au cœur noir, et les légumineuses et l'arachide aux gousses vides et à la nécrose de l'extrémité des gousses. Tous ces troubles surviennent dans des tissus qui transpirent peu.